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Portrait : Jean Darricarrere, horloger meilleur ouvrier de France à Bayonne

Posté par andrea 17 mai 2016 0 commentaire
Montre de Jean Darricarre, meilleur ouvrier de France
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Fils d’horloger, à 7 ans, il s’émerveille devant les mécanismes mystérieux des horloges et pendules. A ce moment là, il sait déjà qu’il va en faire son métier.

Après un bac pro en micromécanique option horlogerie à Morteau (Haut-Doubs), il passe deux ans en Suisse, contrée consacrée de l’horlogerie. La première dans un atelier de restauration et de prototypage de musique mécanique. La deuxième en tant que rhabilleur horloger au Service Après-Vente de Blancpain. Il revient ensuite à Bayonne pour travailler dans l’atelier familial avec son père. Puis, en 2000, il saute le pas et installe son propre atelier rue du Lagréou où il répare et restaure montres, horloges et pendules. C’est dans cet atelier qu’il cache ses machines, ses “petits joyaux” comme il les appelle. Des machines de précision onéreuses qu’il a acquises une par une et auxquelles il tient comme à la prunelle de ses yeux.

Jean Darricarrere, horloger MOF à Bayonne

Il faut bien faire la différence entre réparer et restaurer…

Réparer : c’est remettre en fonctionnement avec des pièces qui existent encore et que l’on peut encore se procurer.

Restaurer : on parle de restauration pour les objets anciens, rares pour lesquelles les pièces défaillantes doivent être redéfinies et fabriquées. C’est “fabriquer des pièces pour qu’elles s’intègrent parfaitement à l’objet tout en restant visible pour qu’on puisse déceler l’intervention, reconstituer son histoire”.

Le concours des MOF, il en a longtemps rêvé… Il s’y est d’ailleurs inscrit trois fois. Les deux premières se sont soldées par un échec pour cause de pièces non rendues. Mais en 2015, le thème, très poétique, lui parle… « les heures vagabondes », un système inventé au XVIIème siècle par les frères Campani. Près de 650 heures de travail plus tard, il réussit à envoyer sa création dans les temps. Une magnifique pièce, un “garde-temps” ingénieux, qui a su séduire le jury exigeant des Meilleurs Ouvriers de France. Un titre qu’il affiche fièrement au milieu des pendules qui parent les murs de son atelier. Grâce à cette reconnaissance, il a vu sa zone de chalandise s’agrandir. Les clients viennent de plus loin, lui donnant l’occasion de travailler sur des pièces assez exceptionnelles, chargées d’histoire. Il prend d’ailleurs plaisir à raconter les petites anecdotes confiées par ses clients.

Jean Darricarrère, horloger MOF à Bayonne

Encouragé par le succès de sa montre au concours, il aimerait pouvoir se consacrer à la création mais il a pour l’instant trop de travail de restauration pour pouvoir se pencher sur un éventuel nouveau modèle. En effet, il passe en moyenne 2 à 3 jours par pendule ou horloge et environ une journée par montre. Son planning est plein jusqu’au mois de Novembre ! Espérons qu’il saura trouver le temps pour nous émerveiller à nouveau…